La Chine devra se battre pour atteindre son objectif de croissance, prévient le Premier ministre

Le nouveau Premier ministre chinois Li Qiang s'exprime lors d'une conférence de presse à Pékin, le 13 mars 2023 afp.com - GREG BAKER

Le nouveau Premier ministre chinois, Li Qiang, a averti lundi qu’il serait difficile pour son pays d’atteindre cette année son objectif de croissance « d’environ 5% », déjà l’un des plus faibles depuis des décennies.

« Atteindre un objectif de croissance d’environ 5% ne sera pas facile, je le crains, et demandera beaucoup d’efforts », a-t-il affirmé lors de sa première conférence de presse depuis sa nomination au poste de Premier ministre samedi.

Ce rythme de croissance du PIB, qui ferait bien des envieux dans la plupart des grandes économies, n’en serait pas moins l’un des plus faibles depuis 40 ans pour le géant asiatique.

Li Qiang, chargé des questions économiques, a mis en garde contre de « nouveaux défis » pour la croissance, tout en relativisant l’importance du PIB dans le quotidien de la population.

La Chine a vu en 2022 son produit intérieur brut croître de 3%, loin de l’objectif initial de 5,5%, au moment où les restrictions sanitaires et la crise de l’immobilier pesaient lourdement sur l’activité.

Le pays a suivi durant près de trois ans une stricte politique sanitaire dite du « zéro Covid », qui a permis à la population d’être largement protégée du Covid-19 mais a porté un rude coup à l’économie.

Ces mesures ont finalement été levées en décembre.

La croissance en Chine reste par ailleurs pénalisée par une crise dans l’immobilier, un secteur qui représente avec la construction plus du quart de son PIB, et une consommation qui peine à redémarrer.

– « De grandes choses » –

Li Qiang a par ailleurs dénoncé « l’encerclement » et la « répression » de son pays par les Etats-Unis, dans un contexte de tensions exacerbées avec la première puissance mondiale.

« La Chine et les Etats-Unis peuvent et doivent coopérer. Si nous coopérons, nous pouvons accomplir de grandes choses », a affirmé M. Li.

Il y a une semaine, le président chinois Xi Jinping avait lui aussi parlé en ces termes des tensions géopolitiques avec Washington, lors d’une session parlementaire à Pékin.

La Chine et les Etats-Unis se livrent une féroce bataille pour la fabrication des semi-conducteurs, ces composants électroniques indispensables au fonctionnement des smartphones, des voitures connectées mais aussi d’équipements militaires.

Au nom de la sécurité nationale, Washington a multiplié ces derniers mois les sanctions à l’encontre des fabricants de puces chinois.

Les deux puissances s’opposent par ailleurs sur d’autres dossiers, comme Taïwan, le traitement des musulmans ouïghours, le commerce ou encore Hong Kong.

Sur fond de tensions avec Washington, Xi Jinping a de nouveau souligné lundi la nécessité de renforcer la sécurité nationale.

« La sécurité est le fondement du développement, tandis que la stabilité est une condition préalable à la prospérité », a affirmé M. Xi, lors de son premier discours depuis sa reconduction vendredi à la tête de la Chine.

– « Grande muraille d’acier » –

A cette fin, il est nécessaire de « promouvoir pleinement la modernisation de la défense nationale et des forces armées, et de faire de [l’armée] une Grande muraille d’acier qui protège efficacement la souveraineté nationale, la sécurité et les intérêts du développement », a insisté Xi Jinping dans un discours lors de la clôture de la session annuelle du Parlement.

Le président chinois a par ailleurs fustigé les « forces extérieures » qui s’ingèrent dans le dossier taïwanais.

Le pouvoir communiste considère l’île comme une province de la Chine qu’il n’a pas encore réussi à rattacher au reste du territoire depuis la fin de la guerre civile chinoise (1949).

La Chine voit avec mécontentement le rapprochement à l’oeuvre ces dernières années entre les autorités taïwanaises et les Etats-Unis, qui fournissent depuis plusieurs décennies à l’île un soutien militaire face à Pékin.

Seul candidat, Xi Jinping a obtenu vendredi un nouveau mandat de cinq ans de président chinois, après un vote à l’unanimité du Parlement, l’aboutissement d’une ascension qui l’a vu devenir le dirigeant le plus puissant du pays depuis des générations.

Agé de 69 ans, il avait déjà obtenu en octobre une prolongation de cinq ans au sommet du PCC et de la commission militaire du Parti, les deux postes de pouvoir les plus importants en Chine.

LRC AVEC AFP

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